Ma première prise de parole grand public sur l’autisme date de février 2017. J’étais intervenant pour la première édition d’une série de conférences intitulées “Une différence invisible : les personnes autistes ont la parole” organisée au sein de l’Université de Bretagne Occidentale. Le principal organisateur de cet évènement était Raven Bureau, lui aussi Asperger et conférencier sur le sujet.

Photo de Guillaume Alemany lors de sa première conférence

Cela fait donc plus de 3 ans que je suis auteur-conférencier en lien avec mon handicap.

Ces conférences sont importantes. Je rencontre toujours des personnes en quête d’informations concernant l’autisme et le handicap en général. Cela permet également de casser quelques clichés toujours répandues concernant l’autisme.

Le fait de parler de son handicap en public peut quand même poser quelques problèmes. On est rapidement catégorisé comme “personne en situation de handicap” et non plus comme “personne lambda”. Cela peut prendre plusieurs formes perceptibles dans la communication avec les autres : quelques moqueries (elles sont cependant assez rares arrivées à l’âge adulte), de la condescendance, une infantilisation… Heureusement, ce que je décris est loin d’être automatique et beaucoup de monde ne changent pas leur regard à cause du handicap.

Ce que j’ai décrit ci dessus peut concerner toutes les personnes en situation de handicap invisible dans diverses situation : la divulgation de son handicap à des amis, à des collègues de travail, voire à des membres de sa famille…

Lors de mes interventions, on me pose souvent des questions similaires en lien avec ces problématiques. 

Par exemple : doit-on parler de son handicap à ses collègues de travail?

Malheureusement, il est impossible de fournir des réponses généralistes concernant ces problématiques. Tout dépend de chacun et le contexte joue aussi beaucoup. La seule chose que je peux dire est qu’il n’y a aucune obligation sur le plan juridique car le handicap est une information discrétionnaire. Si par exemple, lors d’un entretien d’embauche, vous indiquez à un employeur qu’on vous a attribué une RQTH* mais que vous ne précisez pas la raison de cette attribution, l’employeur n’a pas le droit de vous questionner là- dessus.

La seule chose que je peux recommander dans ce domaine est de bien réfléchir aux conséquences potentielles de cette divulgation. Vous pouvez également demander des conseils en amont à des personnes qui se sont retrouvées dans des situations similaires ou choisir de n’en parler qu’à quelques personnes au sein de votre entreprise (gestionnaire RH, supérieur hiérarchique, médecine du travail…).

Ce qui est sûr en tout cas c’est que ces choix sont limités quand on a une activité publique en lien avec son handicap. Le fait d’être auteur-conférencier dans le domaine de l’autisme présente sans doute plus d’inconvénients que d’avantages en ce qui concerne mes recherches d’emploi mais j’ai cependant décidé de continuer cette activité, au moins pendant une année supplémentaire et peut être un peu plus longtemps.

Au passage, je profite de cet article pour annoncer le lancement de ma Chaine Youtube

Vous pouvez y accéder en cliquant que ce lien.

Chaîne YouTube de Guillaume Alemany

Je posterai régulièrement des vidéos en lien avec l’autisme mais je traiterai également d’autres sujets.

*RQTH : Reconnaissance de la Qualité de Travailleur Handicap